La PrEP VIH, c’est quoi ?

« Pré » = avant
« Exposition » = contact avec le VIH
« Prophylaxie » = traitement préventif pour empêcher une infection de se produire

La PrEP est un outil de prévention du VIH qui peut être utilisé par les personnes séronégatives pour prévenir une infection au VIH. PrEP est l’acronyme de prophylaxie préexposition. Comme son nom l’indique, il est utilisé « avant une exposition » potentielle ou avérée au VIH.

pilule du lendemain spécial HIV

La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est une nouvelle stratégie de prévention du VIH.
Son principe est simple : il s’agit de proposer à une personne qui n’a pas le VIH, qui n’utilise pas systématiquement le préservatif lors de ses rapports sexuels et qui est à haut risque de contracter le VIH, un médicament actif contre ce virus afin de réduire voire d’empêcher le risque de le contracter.

Ce principe n’est pas nouveau : la PrEP protège du VIH comme certains médicaments protègent du paludisme ou comme une pilule contraceptive prévient d’une grossesse non-désirée.

A qui s’adresse la PrEP ?

La PrEP est actuellement indiquée pour toutes les personnes de plus de 18 ans qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif lors de leurs rapports sexuels et qui sont à haut risque de contracter le VIH, en particulier

  • Les hommes gays et les personnes trans qui ont des relations sexuelles avec des hommes +  au moins un des critères suivants :

> Rapports sexuels anaux sans préservatif avec au moins 2 partenaires sexuels différents dans les 6 derniers mois ;

> Épisodes d’IST  dans les 12 derniers mois ;

> Plusieurs recours au Traitement Post Exposition dans les 12 derniers mois ;

> Usage de drogues lors des rapports sexuels.

  • Mais aussi, au cas par cas, d’autres publics en situation de vulnérabilité par rapport au VIH, notamment :

Les travailleur-se-s du sexe ;
> les personnes originaires de région à forte prévalence (Afrique subsaharienne, Guyane, …) et leurs partenaires ;
> les usagers de drogues par voie intraveineuse ;
> les personnes ayant des partenaires sexuels multiples ;
> etc.

De quoi protège la PrEP ?

La PrEP réduit uniquement les risques d’acquisition du VIH. Elle n’évite pas la transmission des autres IST : Infection Sexuellement Transmissible (gonorrhée, chlamydia, syphilis, etc.). Néanmoins, elle en améliore la détection et le traitement car les utilisateurs de la PrEP sont invités à procéder à un dépistage des ITSS tous les 3 mois.

Comment fonctionne la PrEP ?

Présentement, le seul médicament homologué pour la PrEP est en fait un mélange de deux molécules antirétrovirales (le ténofovir et l’emtricitabine) en un seul comprimé : le Truvada. Ce médicament est également prescrit aux personnes vivant avec le VIH mais la toxicité est moins importante que lors d’une trithérapie. Lorsque le Truvada est suffisamment présent dans le corps, il fait barrière au VIH avant que celui-ci ne pénètre durablement dans l’organisme, en empêchant le processus de réplication du virus.

Comment la prendre ?

Il est possible de prendre le traitement en continu (tous les jours) ou par intermittence (en prenant deux comprimés entre 2 et 24 heures avant une relation sexuelle à risque, puis 1 comprimé 24 h après et enfin un dernier comprimé 48 h après la prise des deux premiers comprimés). Ces deux modes de prise protègent efficacement lors des relations anales réceptives et insertives. Toutefois, le traitement en continu reste actuellement la seule option pour les personnes ayant des relations vaginales réceptives. ll est important pour ces personnes de tenir compte d’un délai minimum de 3 semaines pour atteindre la protection optimale. Quoi qu’il en soit, il est possible d’arrêter la PrEP à tout moment, il s’agit simplement d’en discuter d’abord avec son médecin.

Quelle efficacité ?

L’efficacité de la PrEP repose essentiellement sur l’adhérence au traitement : plus il est suivi à la lettre, plus la PrEP est efficace. Plusieurs études cliniques ont permis de vérifier l’efficacité de la PrEP. Chez les hommes ayant un risque élevé de contracter le VIH, elle diminue grandement le risque d’acquisition du VIH. On parle aujourd’hui d’un taux moyen de protection de 86% mais avec une bonne adhérence celui-ci peut atteindre les 99%.Sur l’ensemble des études, seuls deux cas de transmission sous PrEP ont été documentés. Ceux-ci n’étaient pas liés à l’inefficacité du traitement mais à la mutation du virus créant une résistance au Truvada chez la personne déjà infectée avec qui l’utilisateur de PrEP a eu des relations sexuelles.

Quels effets secondaires ?

Le médicament peut parfois causer des effets secondaires gastro-intestinaux (nausées, crampes d’estomac, etc.). Ces effets sont souvent temporaires et on les voit surtout au début de la prise du médicament : c’est ce qu’on appelle le syndrome du démarrage. Plus rarement, le Truvada peut affecter les reins ou les os à moyen terme mais cela est généralement réversible.

                                                                       Dr Marie Florence DZUKAM

Florence Dzukam est virologue et auteur de plusieurs publications sur le HIV.

 

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