Taxiway , documentaire d’Alicia Harrison 2013 a séduit le public de Clichy-Sous-Bois. Notamment les nombreux collégiens venus à la séance du mercredi 16 décembre .Moitié américaine, moitié française  Alicia Harison ,  a voulu faire un film sur ce que çà veut dire d’être américain. Elle  filme des américains en devenir , leur demande à eux ce que çà veut dire pour eux d’être américain.Chauffeur taxi est un métier difficile que font beaucoup d’immigrés et elle a choisi des chauffeurs taxi pour en parlerà eux.

La salle était comble, les applaudissements chaleureux. Nathalie Joyeux, réalisatrice et animatrice du festival était présente lors de la séance de questions-réponses avec les collégiens.

Les spectateurs pendant le jeu de questions-réponses

Un public de collégiens passionnés de cinéma

Une élève : pourquoi vous dites que c’est un reportage? C’est un film… ( çà lui échappe ) C’est grave kiffant.

A. Harisson : on filme des gens de la vraie vie .Quand on fait un documentaire on se pose des questions de cinéma donc en fait c’est un film.On se demande qui sont les personnages, combien de temps on va rester ensemble. On a envie de transporter  les gens dans un voyage, et pendant l’écriture on se pose des questions cinématographiques!

Nathalie Joyeux : << Ce n’est pas un reportage. Un reportage aurait eu pour but d’informer. C’est un travail de rencontre et il y a une écriture cinématographique ; par exemple  on n’a pas une voix off qui nous explique ce qu’on doit  qu’on comprendre .Ce sont des gens comme vous et moi qui racontent leur vraie vie et ils ne sont pas en train de jouer un rôle.A la fin  chacun retient ce qu’il veut ou ce qui le touche le plus..

Tournage lui même était sur deux étés différents .Au total près de deux mois de tournage. Le tournage lui-même n’est qu’une partie du travail. Nathalie  a tourné avec 26 chauffeurs de taxis et au montage il n’en reste que dix. ” Un film comme çà avec plusieurs personnages il faut qu’ils racontent tous la même histoire.On ne peut pas  tout garder. Les chauffeurs taxis doivent raconter ne histoire homogène en fin de compte.

Une élève: << Bonjour, pourquoi il n’y avait que des blédards euh ( rires dans la salle ) des immigrés ?

J’avais envie de faire un film aux Etats-Unis sur qu’est-ce que çà voulait dire d’être américain et il me semblait intéressant de demander çà aux immigrés puisque eux-mêmes étaient en train de s’approprier un pays pour le rendre leur. Qu’est-ce que c’est que choisir un pays? Et aussi est-ce qu’on peut se fabriquer une vie, différente de celle qui nous est donnée à la naissance? Qu’est-ce que çà implique? C’est aussi la question du chemin de vie , du choix.Il y a un témoignage qui traverse le film. Il y en a un à qui on demande toujours : << d’où tu viens ? et lui il répond je suis américain. Alors on lui demande d’où vient ton père ? Là il répond et toi, ton père il vient d’où ? Toi même tu es d’où ?

Alicia explique comment s’est déroulée la post-production. Elle a  réussi à faire le son et l’image seule. Impossible de prendre un preneur de son car il n’y avait pas assez d’espace dans les taxis de New York. A. Harrison fait le montage avec sa monteuse. Cette agrégée de philosophie explique aux élèves les six mois de post-production et leur parle avec passion de son art.

La réalisatrice de taxiways et Nathalie Joyeux du festival Toiles sous toile

Alicia Harrisson à gauche et Nathalie Joyeux

Un élève: <<  En fait ils touchent combien par mois les taxeurs (chahut et rires dans la salle) .  A Harrison; << Les chauffeurs de taxi n’ont pas de salaire fixe.Il y a des bonnes semaines et des mauvaises semaines.Plus on connaît les villes moins on se perd. Avant les chauffeurs étaient salariés, ils avaient une couverture sociale et c’était mieux. Un chauffeur taxi qui tombe malade ne sera pas indemnisé. c’est un métier précaire avec des risques.

Une élève: Et c’est pas à eux leurs taxis?

Alicia: << Non la licence çà coûte le prix d’une maison, çà vaut  800000 dollars.Même s’ils achètent leurs taxis, la licence, ils doivent la louer .>>

Une élève : << Ils ont été payés pour raconter leur vie à la télé?

A Harrison : << Ils n’ont pas été payés pour raconter leur vie à la télé. Le film n’est pas passé à la télé. S’ils sont là c’est qu’ils ont envie et peut-être même besoin de raconter.Comme ce chauffeurOuzbek de Samarkand qui a vécu dans un village où il n’y avait pas de lumière mais qui a réussi son rêve de devenir pilote. Quand on l’a licencié, il est allé aux Etats Unis vivre un autre rêve. il rêvait d’aller dans l’espace comme Youri Gagarine et d’aller aux Etats-Unis. Le film a été projeté  en Géorgie, en Iran, à New-York , au Canada, a été deux fois primé;prix du premier film au festival Point doc et dans un festival Italien aussi.

On souhaite longue vie à ce documentaire de cette jeune réalisatrice qui enseigne le cinéma à l’université Paris x à Nanterre.

La soirée de clôture de la 4ème édition du  Festival Toiles Sous Toile aura lieu le vendredi 18 décembre 2015. Entrée libre à toutes les séances. http://www.fontaineauximages.fr/index.php/evenement/index?genre=Toiles+sous+toile

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